manager perfectionniste
Développement personnel du manager

Manager perfectionniste: 5 questions-réponses pour comprendre et arrondir les angles.

“Quel est votre principal défaut?”, demande le recruteur au candidat qui vient passer son entretien d’embauche. “Je suis perfectionniste”, répond ce dernier avec un petit sourire. Une réponse mi-figue, mi-raisin, ni bonne, ni mauvaise, qui a pourtant été en vogue depuis les années 80.

Pour comprendre pourquoi la personnalité perfectionniste a fait son apparition dans le paysage depuis 30 ans, il suffit de regarder comment nos sociétés ont évoluées.

Dans les années 80, une nouvelle forme de vision de la vie à émergée: l’individualisme. Les gens ont été encouragés à mettre en avant leurs points forts, à développer des compétences pointues, pour se faire une réputation. Le succès et la réussite étaient alors garantis à celui qui deviendrait perfectionniste.

Au sein de la vie personnelle, on a vu apparaître le culte de la personnalité forte, du physique et de la beauté par exemple. Au travail, c’est la performance, le leadership, la confiance en soi et l’explosion des chiffres des commerciaux qui ont été mis à l’honneur.

Résultat: nous sommes les heureux héritiers de cette culture du “toujours plus, toujours mieux, toujours plus haut, toujours plus fort.”

Il n’est donc pas dénué de sens qu’un bon nombre de managers tombent dans le piège du perfectionnisme. Seulement voilà, trente années se sont écoulées depuis la révolution industrielle. Il est grand temps de tendre la main au perfectionniste qui se noie dans son verre d’eau.

5 questions-réponses pour le manager perfectionniste qui sommeille en vous.

Je vous propose ci-après une série de 5 questions-réponses sur le perfectionnisme. L’objectif n’est pas de vous blâmer ou de vous auto-flageller. Si vous découvrez que vous avez tendance à partir dans la mauvaise direction, pas de panique!

Soyez indulgent avec vous-même et pourquoi pas avec vos collègues ou votre manager actuel. Le perfectionniste n’est pas toujours conscient de ses schémas de comportement. Il applique simplement ce qu’on lui a appris. Il reproduit naturellement ce qu’il a vu chez ses managers aînés.

Prenez le temps d’analyser votre situation personnelle par rapport au perfectionnisme. Ensuite, ajustez votre vision des choses au fur et à mesure.

1.Est-ce que le manager perfectionniste obtient de meilleurs résultats de ses équipes?

C’est la question essentielle à se poser. Quand on tombe dans le perfectionnisme, c’est parce qu’on est persuadé que plus le travail sera parfait, plus les résultats seront excellents.

Le manager perfectionniste va en demander toujours plus à son équipe. Il peut le faire même s’il est conscient qu’ils n’ont aucune chance d’y arriver. C’est un peu le système du bâton et de la carotte pour faire avancer l’âne quand on est sur son dos. L’âne avance, mais n’attrape jamais sa récompense.

Vos employés ne sont pas des ânes. Vous allez les épuiser, et les frustrer, en les faisant courir après une utopie.

Le principal revers est que les membres de votre équipe vont prendre peur et ralentir leur cadence. Ils n’ont pas envie de se faire enguirlander tous les matins. Ils vont s’engouffrer dans les détails à l’extrême pour faire leur travail à la perfection. Seulement voilà: tous ces détails prennent du temps. Vous allez donc perdre en productivité.

2.Le manager perfectionniste passe-t-il pour un bon leader?

Non seulement vous n’obtiendrez pas vos galons de leader en étant perfectionniste, mais en plus votre équipe va vous en vouloir.

Vous allez passer pour quelqu’un d’impossible à satisfaire.

Première conséquence possible: vous n’obtiendrez plus rien de vos équipes. Ils vont cesser de vous écouter et feront les choses à leur sauce parce que, de toute façon, vous ne serez pas content. Pourquoi s’embêter?

Deuxième conséquence possible: Vous allez vous diriger vers un système de management par la terreur. Ressortez le fouet et faites claquer les lanières sur le bord de la réception. Tout le monde va marcher au pas. Par contre, ne vous attendez pas à ce qu’on vous considère comme un leader motivant et charismatique.

3.Est ce que les membres de votre équipe apprécient votre côté perfectionniste?

Vous pouvez vous poser la question. Après tout, il y a sans doute au sein de votre équipe des gens qui sont aussi perfectionnistes que vous.

En revanche, il y a de fortes chances pour que vous détruisiez doucement mais sûrement la relation de confiance avec le management. Si vos employés ne peuvent pas développer leur confiance en eux, et leur confiance en vous, vous allez droit dans le mur.

Pour construire cette relation, vous devez vous assurez que les gens atteignent leurs objectifs et enchaînent les petites victoires. En devenant un manager perfectionniste, vous sabordez ce processus essentiel.

4.Est-ce que c’est si mal que ça de vouloir faire mieux que la moyenne?

Quand on devient perfectionniste, c’est parce qu’on a pour ambition de s’élever au-dessus de la mêlée. Vous connaissez les standards de votre entreprise en matière de réussite. Il est normal de vouloir placer votre département dans la catégorie de l’excellence.

En revanche, vous avez plus de chances d’y arriver en impliquant vos équipes dans les prises de décisions. Vous pouvez aussi les inclure à la réflexion autour de la qualité de service. C’est un biais du perfectionnisme. Le manager décide seul des objectifs à atteindre et des moyens d’y parvenir.

Si votre équipe participe à l’élaboration de ces moyens, ils seront plus motivés à les mettre en place, les appliquer et à les améliorer.

5.Le perfectionnisme peut-il contribuer à développer “l’esprit de corps” au sein de l’équipe?

“On nomme esprit de corps la loyauté que l’on donne à ses pairs par rapport à la société, à la nation, ou aux croyances. Concrètement, il faut pour cela avoir vécu des expériences communes (positives ou négatives) qui donnent le sentiment d’être « à part ». Par la suite, lorsque la survie, ou simplement les intérêts du groupe sont menacés, ses membres se mobiliseront mieux en sa faveur : ils « font bloc ».
Dans son sens positif, l’esprit de corps permet par exemple à une armée de vétérans d’avoir une meilleure discipline et une confiance accrue, ou à une équipe sportive de mieux résister aux revers (il se rapproche alors de l’esprit d’équipe, mais à un niveau plus profond).
Dans son sens négatif, l’esprit de corps pousse ses tenants à se coopter dans un cercle fermé, à tolérer voire couvrir les abus de leurs camarades, à tricher dans le sens de leurs intérêts, ou à «se faire justice eux-mêmes».”

Source de cette définition: Wikipédia

L’esprit de corps peut être intéressant à développer au sein de votre équipe, toutes proportions gardées. En revanche, vous devez d’abord vous assurer que cette vision ne va pas à l’encontre de la vision globale de l’entreprise dans laquelle vous travaillez.

Dans ce cas, les membres auront tendance à tous développer une nature perfectionniste et à se serrer les coudes pour atteindre des objectifs très ambitieux.

Néanmoins, tout le monde n’est pas fait pour travailler dans ce genre d’ambiance, plus proche du camp militaire que de l’entreprise.

C’est à vous!

Pensez-vous que votre côté perfectionniste vous empêche de progresser dans votre vie professionnelle? Partagez vos retours et questions dans les commentaires.

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